Dans plusieurs milieux de travail, le bruit fait partie du quotidien. Machines, outils, équipements motorisés, procédés industriels : à force d’y être exposé, on peut finir par le considérer comme normal.
Pourtant, une exposition répétée ou prolongée à des niveaux sonores élevés peut avoir des conséquences importantes sur la santé et la sécurité des travailleurs.
Au Québec, on estime que 300 000 à 400 000 travailleurs sont exposés au bruit dans le cadre de leur travail. Plus de 10 000 nouveaux cas de surdité professionnelle sont recensés chaque année depuis 2018, ce qui en fait la deuxième maladie professionnelle en importance au Québec.
Le problème avec la perte auditive, c’est qu’elle s’installe souvent progressivement. Les premiers signes peuvent passer inaperçus pendant longtemps, alors que les dommages, eux, s’accumulent.
Et contrairement à plusieurs autres blessures professionnelles, la surdité liée au bruit est irréversible.
Elle peut toutefois être prévenue.
À partir de quel niveau le bruit devient-il préoccupant?
Depuis les changements réglementaires entrés en vigueur en 2023, la valeur limite d’exposition quotidienne au bruit au Québec est de 85 dBA pour une période de 8 heures. Une limite de 140 dBC s’applique également à la pression acoustique de crête.
Mais évaluer le risque ne consiste pas simplement à prendre une lecture sonore à un moment précis.
La durée d’exposition, le type de tâches effectuées, les équipements utilisés et la fréquence d’exposition doivent aussi être considérés.
Deux travailleurs présents dans le même établissement peuvent donc avoir des niveaux d’exposition très différents selon leur poste et leurs activités.
La vraie question à se poser est donc simple :
À quel niveau de bruit nos travailleurs sont-ils réellement exposés?
Comment prendre en charge le bruit au travail?
Une bonne démarche de prévention ne commence pas par le choix d’une paire de bouchons ou de coquilles auditives.
Elle commence par une compréhension du risque.
La CNESST structure la prise en charge du bruit autour de trois grandes étapes : identifier, corriger et contrôler.
L’idée est simple : comprendre où se trouve le risque, agir là où le bruit se crée et vérifier ensuite que les mesures mises en place fonctionnent réellement.
- Identifier les situations de travail à risque
La première étape consiste à repérer les situations où les travailleurs pourraient être exposés au-delà des valeurs limites.
Cette identification peut commencer de façon assez concrète : observation des postes de travail, visite des lieux, discussion avec les travailleurs et analyse des tâches réalisées.
La CNESST propose d’ailleurs une approche progressive qui peut aller d’une évaluation simplifiée jusqu’à un mesurage plus approfondi lorsque la situation l’exige.
Le mesurage permet ensuite d’obtenir un portrait plus précis de l’exposition au bruit et de déterminer les mesures de prévention nécessaires.
Lorsque le mesurage réglementaire est requis, il doit être effectué conformément aux normes prévues au règlement, notamment selon la norme CSA Z107.56 ou ISO 9612, par une personne possédant les compétences appropriées.
- Corriger : réduire le bruit à la source
Lorsqu’un risque est identifié, la priorité est de chercher à éliminer ou réduire le bruit à la source.
Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail prévoit notamment que l’employeur doit prendre des moyens raisonnables pour réduire le bruit lors de la conception ou de l’aménagement d’un établissement, de la mise en place d’un nouveau procédé ou encore lors de l’achat ou du remplacement d’un équipement.
Concrètement, cela peut vouloir dire :
- choisir des équipements moins bruyants;
- remplacer certaines machines;
- entretenir les équipements afin de limiter le bruit généré;
- apporter des correctifs techniques;
- isoler ou encastrer une source de bruit;
- insonoriser un local;
- éloigner ou isoler certains postes de travail.
La logique de prévention est claire : on cherche d’abord à réduire le bruit lui-même, avant de compter sur la protection individuelle.
L’article 135 du règlement prévoit notamment des mesures visant à réduire le bruit à la source, à limiter sa propagation ou à agir directement sur l’exposition du travailleur.
Et les bouchons et coquilles auditives dans tout ça?
Les protecteurs auditifs ont évidemment leur place, mais ils ne devraient pas être le point de départ de la démarche.
Ils deviennent particulièrement importants lorsque les valeurs limites ne peuvent pas être respectées immédiatement ou lorsqu’un travailleur demeure exposé malgré les autres mesures mises en place.
Dans certaines situations, l’employeur doit notamment réduire le temps d’exposition au bruit ou fournir des protecteurs auditifs adaptés. Cela peut être le cas pendant la mise en œuvre d’un correctif, lors de la réparation ou de l’entretien d’un équipement ou encore lorsqu’il n’est pas possible de respecter autrement les valeurs limites d’exposition.
Le choix d’un protecteur auditif ne devrait donc pas se faire au hasard.
Son niveau d’atténuation, son ajustement, la tâche réalisée et les conditions de travail doivent être pris en compte afin d’assurer une protection adéquate.
- Contrôler : assurer le suivi dans le temps
Prendre une mesure de bruit une fois et classer le rapport dans un dossier n’est pas suffisant.
La prévention du bruit implique aussi de documenter les actions réalisées, informer les travailleurs et réévaluer les situations à risque.
Lorsqu’une situation de travail présente un dépassement des valeurs limites d’exposition, l’employeur doit notamment la réévaluer tous les cinq ans afin de vérifier s’il existe de nouveaux moyens raisonnables permettant d’éliminer ou de réduire le bruit.
Un changement dans une situation de travail doit aussi être pris en compte.
Par exemple, l’installation d’une nouvelle machine, la modification d’un procédé ou un changement dans l’organisation du travail peuvent modifier l’exposition des travailleurs.
Lorsqu’un tel changement présente un risque de dépassement des valeurs limites, l’employeur doit l’identifier dans les 30 jours et prendre les mesures prévues par le règlement.
Mesurer, informer et garder une trace
La réglementation prévoit aussi certaines obligations très concrètes en matière de documentation et d’information.
Lorsqu’un mesurage réglementaire est effectué, son rapport doit être affiché ou autrement diffusé au plus tard 15 jours après avoir été mis à la disposition de l’employeur.
Il doit ensuite demeurer facilement accessible aux travailleurs pendant une période minimale de trois mois.
Lorsque le port de protecteurs auditifs est obligatoire dans une zone, cette obligation doit également être clairement indiquée aux travailleurs.
L’employeur doit par ailleurs conserver et maintenir à jour, dans son programme de prévention ou dans un registre :
- les situations de travail présentant un risque de dépassement des valeurs limites;
- leur date d’identification;
- les moyens mis en place pour éliminer ou réduire l’exposition;
- les dates liées à leur mise en œuvre;
- les rapports de mesurage.
Tenir ces informations à jour permet de savoir ce qui a été fait, mais surtout de vérifier si les mesures restent efficaces avec le temps.
Vous ne savez pas par où commencer?
C’est souvent là que la gestion du bruit devient plus complexe pour les entreprises.
Devons-nous effectuer un mesurage? À quels postes? Nos travailleurs dépassent-ils les valeurs limites? Peut-on réduire le bruit à la source? Les protecteurs auditifs utilisés sont-ils réellement adaptés?
Santinel accompagne les entreprises dans leur démarche de prévention du bruit, de l’identification des situations à risque jusqu’au mesurage et à la recherche de solutions permettant de réduire l’exposition des travailleurs.
Notre équipe peut notamment vous aider à mieux comprendre votre situation, à identifier les mesures à privilégier et à structurer votre démarche de prévention.
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Pourquoi former les travailleurs sur le bruit et la protection auditive?
La prévention ne repose pas uniquement sur les équipements et les mesures techniques.
Les travailleurs doivent aussi comprendre les risques auxquels ils sont exposés et savoir comment se protéger.
Lorsqu’un employeur doit fournir des protecteurs auditifs, le règlement prévoit d’ailleurs une formation théorique et pratique. Celle-ci doit notamment couvrir le choix et l’utilisation des protecteurs auditifs, leur ajustement, leur inspection, leur entretien ainsi que les risques associés au bruit.
Une bonne formation aide aussi les travailleurs à mieux comprendre pourquoi certaines mesures sont mises en place et à reconnaître plus facilement les situations qui peuvent présenter un risque.
La formation Bruit et protections auditives de Santinel permet notamment aux participants de :
- comprendre ce qu’est le bruit et ses effets sur la santé;
- reconnaître les principales situations à risque;
- connaître les normes et les limites d’exposition;
- comprendre les mesures pouvant réduire l’exposition au bruit;
- utiliser correctement les équipements de protection auditive.
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Quels sont les signes qu’il est temps d’évaluer le bruit dans votre milieu de travail?
Il n’est pas toujours évident de savoir si une démarche plus poussée est nécessaire.
Certaines situations devraient toutefois attirer votre attention :
- les travailleurs doivent régulièrement élever la voix pour communiquer;
- certains postes sont nettement plus bruyants que d’autres;
- des bouchons ou des coquilles sont déjà utilisés, mais aucune évaluation récente n’a été réalisée;
- de nouvelles machines ou de nouveaux procédés ont été implantés;
- l’organisation ne connaît pas précisément le niveau d’exposition de ses travailleurs;
- la dernière évaluation du bruit remonte à plusieurs années;
- les travailleurs ne savent pas clairement quand ou comment utiliser leurs protecteurs auditifs.
Dans le doute, mieux vaut obtenir un portrait plus précis de la situation plutôt que de se fier uniquement à la perception du bruit.
Bruit au travail : mieux vaut agir avant que les dommages apparaissent
Entre 1997 et 2020, 120 000 nouveaux cas de surdité professionnelle ont été recensés au Québec. Les coûts sociétaux associés au bruit au travail sont estimés à environ 2 milliards de dollars par année. Infos marketing bruit
Mais derrière ces chiffres, il y a surtout des travailleurs dont l’audition peut être affectée de façon permanente.
La prise en charge du bruit ne se résume donc pas à mesurer des décibels ou à distribuer des bouchons.
Elle consiste à identifier les situations à risque, réduire le bruit à la source lorsque c’est possible, mesurer l’exposition, former et informer les travailleurs, documenter les actions réalisées et réévaluer régulièrement la situation.
Santinel peut vous accompagner à chacune de ces étapes, que vous souhaitiez mieux comprendre l’exposition au bruit dans votre milieu de travail, identifier des mesures correctives ou former vos équipes.
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