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Ergonomie au travail : prévenir les TMS avant que la douleur s’installe

Un poignet qui commence à faire mal en fin de journée. Un cou raide après plusieurs heures devant l’écran. Une épaule qui tire toujours après le même quart de travail. Sur le coup, on n’y accorde pas nécessairement beaucoup d’importance. « Ça va passer. » Parfois, oui. Mais lorsqu’un inconfort revient jour après jour, il […]

Un poignet qui commence à faire mal en fin de journée. Un cou raide après plusieurs heures devant l’écran. Une épaule qui tire toujours après le même quart de travail.

Sur le coup, on n’y accorde pas nécessairement beaucoup d’importance.

« Ça va passer. »

Parfois, oui. Mais lorsqu’un inconfort revient jour après jour, il peut aussi être le premier signe qu’un poste ou une façon de travailler mérite qu’on s’y attarde.

À l’occasion du Mois mondial de l’ergonomie, octobre est un bon moment pour regarder autrement nos environnements de travail. Parce que l’ergonomie, ce n’est pas seulement une question de chaise ajustable ou de posture devant un ordinateur. C’est avant tout une façon d’adapter le travail aux personnes qui l’effectuent.

Et l’enjeu est loin d’être marginal.

Au Québec, les troubles musculosquelettiques (TMS) comptent parmi les problèmes de santé liés au travail les plus fréquents. Les données disponibles montrent également qu’environ le tiers des personnes en emploi rapportaient des TMS non traumatiques liés au travail en 2020-2021.

 

Qu’est-ce qu’un trouble musculosquelettique ou TMS?

Les troubles musculosquelettiques regroupent différents problèmes qui touchent les muscles, les tendons, les articulations, les ligaments et parfois les nerfs.

On parle entre autres de :

  • douleurs au dos, au cou ou aux épaules;
  • tendinites;
  • bursites;
  • douleurs aux poignets ou aux coudes;
  • syndrome du canal carpien;
  • engourdissements;
  • entorses lombaires;
  • hernies discales.

Un TMS n’apparaît pas toujours à la suite d’un accident précis.

Il peut s’installer graduellement lorsqu’une partie du corps est sollicitée trop souvent, trop longtemps ou avec une intensité trop élevée pour récupérer adéquatement.

C’est justement ce qui rend la prévention si importante.

 

Quels sont les principaux risques ergonomiques au travail?

Il n’existe pas un seul « mauvais geste » responsable des TMS.

Dans la plupart des situations, plusieurs facteurs se combinent.

Parmi les risques ergonomiques les plus courants, on retrouve :

  • la répétition fréquente des mêmes gestes; les postures contraignantes;
  • le travail dans une même position pendant une longue période;
  • les efforts physiques importants;
  • la manutention de charges;
  • les mouvements de torsion;
  • le travail avec les bras élevés, particulièrement lorsque les mains ou les bras sont maintenus au-dessus du niveau des épaules;
  • l’utilisation d’outils qui demandent beaucoup de force;
  • une organisation du travail qui laisse peu de temps de récupération.

Et ces risques peuvent être présents autant dans un bureau que dans une usine.

Une bonne compréhension de ces facteurs de risque fait d’ailleurs partie des éléments abordés dans notre formation sur les troubles musculosquelettiques et leur prévention.

 

Ergonomie de bureau : ce n’est pas seulement une question de chaise

Quand on pense à l’ergonomie au bureau, la chaise est souvent la première chose qui vient en tête.

Elle est importante, évidemment. Mais l’ensemble du poste compte.

La hauteur de l’écran, la position du clavier et de la souris, l’appui des avant-bras, la hauteur du bureau et même la façon dont le travail est organisé peuvent influencer les contraintes imposées au corps.

Un poste mal ajusté peut notamment amener une personne à avancer constamment la tête, à lever les épaules pour utiliser son clavier ou à maintenir une posture statique pendant plusieurs heures.

À petite dose, rien de dramatique.

Répété cinq jours par semaine pendant des mois, c’est une autre histoire.

Le corps humain est fait pour bouger. Même un poste parfaitement ajusté ne remplace donc pas les changements de position et les pauses régulières.

 

Et l’ergonomie en télétravail?

Le télétravail a déplacé une partie du problème à la maison.

Un ordinateur portable installé sur une table de cuisine peut très bien convenir pour répondre à quelques courriels. Beaucoup moins pour travailler huit heures par jour, cinq jours par semaine.

L’employeur conserve des responsabilités en matière de santé et de sécurité lorsque le travail est effectué à distance. Il doit notamment fournir l’information nécessaire afin que le travailleur puisse aménager son poste de façon sécuritaire.

Une pratique simple consiste à remettre aux employés une liste de vérification pour les aider à évaluer leur environnement :

  • La chaise permet-elle une position confortable?
  • Les pieds sont-ils bien appuyés?
  • L’écran est-il placé devant la personne et à une hauteur adéquate?
  • Le clavier et la souris permettent-ils de garder les épaules détendues?
  • Les objets utilisés fréquemment sont-ils faciles à atteindre?
  • L’employé change-t-il régulièrement de position?

Pour les organisations qui souhaitent mieux outiller leurs équipes, une formation en ergonomie et télétravail peut également aider les travailleurs à reconnaître les facteurs de risque et à ajuster leur environnement de travail.

 

En milieu industriel, les risques ergonomiques prennent une autre forme

Sur une chaîne de production, dans un entrepôt ou dans un atelier, les contraintes sont souvent beaucoup plus visibles.

Un employé doit saisir la même pièce plusieurs centaines de fois.

Un autre doit se pencher continuellement pour atteindre du matériel.

Un poste exige de travailler les bras au-dessus des épaules.

Une charge doit être déplacée manuellement parce que l’équipement d’aide est trop loin ou peu pratique à utiliser.

Le problème n’est pas nécessairement que l’employé « ne travaille pas de la bonne façon ».

Parfois, c’est tout simplement le poste qui rend le bon mouvement difficile.

C’est là que l’ergonomie devient particulièrement intéressante : plutôt que de demander continuellement aux travailleurs de s’adapter au poste, on cherche comment adapter le poste, l’équipement ou l’organisation du travail à la réalité des personnes qui l’utilisent.

 

Les premiers signes d’un TMS à ne pas banaliser

Un problème ergonomique donne souvent des avertissements avant de mener à une blessure importante.

Parmi les signes à surveiller :

  • une douleur qui revient pendant ou après le travail;
  • des raideurs;
  • une fatigue inhabituelle dans une région du corps;
  • une diminution de la force;
  • des engourdissements;
  • une diminution de l’amplitude des mouvements;
  • un inconfort qui persiste d’un quart de travail à l’autre.

Un commentaire comme « j’ai toujours mal au dos quand je suis à ce poste » mérite donc d’être entendu.

Pas nécessairement parce qu’il annonce une blessure grave, mais parce qu’il donne une information précieuse sur le travail réel.

 

Comment prévenir les TMS au travail?

Il n’existe pas une solution universelle.

Ajouter une formation ou demander aux employés de « faire attention » ne suffit pas si le problème vient directement de la conception du poste.

Selon la situation, prévenir les TMS peut vouloir dire :

  • revoir l’aménagement d’un poste;
  • modifier la hauteur d’une surface de travail;
  • rapprocher le matériel utilisé fréquemment;
  • choisir un outil mieux adapté;
  • utiliser une aide mécanique pour la manutention;
  • automatiser certaines tâches très répétitives;
  • revoir la rotation des postes;
  • modifier une méthode de travail;
  • prévoir davantage de variation dans les tâches;
  • former les travailleurs et les gestionnaires.

Le plus important est de comprendre où se trouve réellement le risque avant de choisir la solution.

Lorsqu’un problème est déjà présent ou qu’un poste soulève des préoccupations, un service-conseil en prévention des TMS permet d’aller plus loin que la sensibilisation et d’analyser concrètement les facteurs de risque.

 

Quand faire appel à un ergonome?

Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une blessure survienne.

Une analyse ergonomique peut être pertinente lorsqu’un employé se plaint régulièrement de douleurs, lorsque plusieurs travailleurs rapportent le même inconfort ou lorsqu’un poste semble particulièrement exigeant physiquement.

L’ergonome observe le travail tel qu’il est réellement effectué : les mouvements, les efforts, les outils utilisés, l’aménagement et l’organisation des tâches.

L’objectif n’est pas simplement d’identifier ce qui ne va pas. C’est surtout de trouver des solutions réalistes qui peuvent être appliquées dans votre milieu.

La nouvelle réglementation, modernisant le régime en Santé Sécurité au travail, demande à ce que toutes les entreprise et organisation réalise par écrit l’identification des risques présent dans leur milieu de travail, pour y a apporter les mesures de prévention et ou de contrôle applicable.  Avez-vous complété cette analyse au niveau de l’ergonomie ?  

Santinel offre notamment un service-conseil en ergonomie pour accompagner les organisations dans l’analyse de leurs postes de travail et l’identification de pistes d’amélioration adaptées à leur réalité.

 

Octobre : une bonne occasion de regarder vos postes autrement

Profitez du Mois mondial de l’ergonomie pour poser quelques questions à vos équipes.

Quels postes sont considérés comme les plus difficiles?

Est-ce qu’une douleur revient souvent?

Y a-t-il une tâche que tout le monde trouve particulièrement exigeante?

Certains gestes sont-ils répétés toute la journée?

Ces conversations peuvent faire ressortir des risques qui passent autrement inaperçus.

Santinel accompagne les organisations autant dans la formation de leurs équipes que dans l’analyse des postes et des situations de travail.

Vous avez un doute sur un poste ou une tâche? Parlez-en à nos experts. Une intervention réalisée tôt est souvent beaucoup plus simple qu’une intervention après l’apparition d’une blessure.

 

Questions fréquentes sur l’ergonomie au travail

Qu’est-ce que l’ergonomie au travail?

L’ergonomie vise à adapter le travail, les équipements, les postes et l’organisation aux capacités des personnes qui les utilisent afin de réduire les contraintes et les risques de blessures.

Quels sont les principaux risques ergonomiques?

Les gestes fréquemment répétés, les postures contraignantes, les efforts physiques importants, la manutention, les positions statiques prolongées et un manque de récupération font partie des risques courants.

Quels sont les symptômes d’un TMS?

Les symptômes peuvent inclure de la douleur, des raideurs, de la fatigue musculaire, une diminution de la force, des engourdissements ou une réduction de l’amplitude des mouvements.

L’employeur est-il responsable de l’ergonomie en télétravail?

Les obligations générales de l’employeur en matière de santé et de sécurité continuent de s’appliquer en télétravail. Il doit notamment informer et former les travailleurs afin qu’ils puissent aménager leur poste de façon sécuritaire.

 

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